Parlons tactique avec Lunceny Camara
Nouvel épisode de parlons tactique avec Lunceny Camara
Je n'ai pas vraiment de schéma de jeu préférentiel. La chose la plus importante est d'avoir une supériorité numérique dès la phase d'initiation. Par exemple, si l'adversaire nous presse à deux attaquants, nous essayons de ressortir le ballon à trois; s'ils viennent à trois, nous ressortons à quatre, et ainsi de suite. L'objectif est d'obtenir des supériorités dans tous les compartiments du jeu. L'animation spécifique est donc variable et dépend entièrement du système de jeu adverse. Si un seul attaquant vient nous chasser, la sortie de balle se fera plutôt à deux.
Je suis un grand adepte du jeu de position. J'ai eu la chance de côtoyer des coachs qui le pratiquaient bien, comme Pierre Sage (actuellement à Lens), que j'ai connu à l'époque de l'Olympique Lyonnais. J'ai été imprégné par cela, même si le jeu de position est variable, il peut être basé sur la transition ou sur la possession de balle selon ce que propose l'adversaire. Nous nous adaptons et effectuons ce qui est le plus approprié à la situation rencontrée sur le terrain.
Cela fait partie de l'ère moderne. L'avantage de la défense à trois est qu'elle permet de garder une certaine stabilité. Les trois centraux sont placés dans les zones les plus importantes du football : la zone centrale et les zones demi-espace droite et gauche. La zone du couloir n'est alors plus aussi dangereuse puisqu’elle peut être couverte par les défenseurs centraux excentrés. C'est un système qui revient à la mode car il apporte de l'équilibre dans un football actuel marqué par beaucoup de transitions, où il faut récupérer le ballon et aller très vite pour marquer.
Tout dépend de l'idée de jeu de chaque coach. Avec une certaine distance, je dirais que si la défense à trois apporte sécurité et stabilité, une équipe de haut de tableau peut se permettre de rester à deux défenseurs centraux. Ces joueurs ont souvent assez d'expérience pour couvrir les zones de demi-espace avec l'aide d'un milieu de terrain axial. Les équipes de haut de tableau préfèrent sans doute retirer ce joueur supplémentaire en défense pour le rajouter dans des secteurs où elles en ont plus besoin, comme le milieu de terrain.
C'est le poste de gardien. On leur en demande beaucoup aujourd'hui. Ils doivent arrêter les ballons, mais aussi avoir une excellente vision du jeu et un très bon jeu au pied. Le fait d'avoir un gardien performant dans ce domaine permet d'avoir un joueur supplémentaire pour la sortie de balle, ce qui est important pour créer des supériorités positionnelles et numériques partout sur le terrain.
Le premier conseil est d'avoir du mental, car le football est un sport très difficile psychologiquement. Il faut être persévérant, travailler beaucoup, mais surtout travailler intelligemment. Il est rare aujourd'hui d'avoir des joueurs capables de bien lire le jeu et cette intelligence facilite tout. Enfin, je leur dirais d'être optimistes : tant qu'il y a de l'espoir, il y a la possibilité de vivre ses rêves.