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US Colomiers : Tout pour l'attaque !

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Amin Abdullahi ·
US Colomiers : Tout pour l'attaque !
© yb

Après une carrière professionnelle en tant que joueur, Yannick Blanchard a pris place sur le banc. Depuis trois ans maintenant, il est le technicien de l'US Colomiers. Adepte d'un jeu offensif, il met un point d'honneur à proposer un football attractif et souhaite retrouver le niveau supérieur en National 2. 

Pourriez-vous vous présenter simplement ?


Je suis Yannick Blanchard, ancien joueur professionnel et entraîneur de Colomiers depuis trois ans. Je termine actuellement ma troisième saison au sein du club en National 3, après avoir exercé précédemment à Saint-Paul-lès-Dax.


Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre ce projet il y a trois ans ?


À l'époque, j'étais à Saint-Paul et nous montions en National 3. J'ai été contacté par le président via Didier Salle, le directeur sportif. J'ai immédiatement perçu un projet sportif intéressant dans un club très structuré, habitué aux championnats nationaux, qui souhaitait rebondir et entamer un nouveau cycle après une saison difficile. Colomiers est un club qui possède une certaine notoriété. Tous ces paramètres, tant sportifs qu'humains, font que le projet m'a séduit. Le courant est tout de suite passé avec les dirigeants. Avec le recul, je suis convaincu d'avoir fait le bon choix.


Quel regard portez-vous sur votre saison et sur votre place de leader à ce stade ?


C'est la saison la plus particulière que j'ai connue, en incluant ma carrière de joueur. Nous sommes passés par toutes les émotions : un bon démarrage, puis le retrait de six points, des blessures graves et un dénouement frustrant à Canet à cause d'un geste anti-fair-play qui nous a coûté deux points. C'est une équipe extrêmement résiliente. Sur le plan humain, c'est le meilleur groupe que j'ai eu l'occasion d'entraîner, avec une union très forte entre les joueurs et le staff. Se retrouver premiers à deux journées de la fin, après toutes ces épreuves, est une immense satisfaction. Au vu de l'investissement des joueurs, si nous atteignons l'objectif, ce sera amplement mérité.


Votre équipe dispose d'une attaque redoutable, mais encaisse également des buts. Est-ce un déséquilibre assumé ?


Concernant les buts encaissés, il faut préciser que le retrait de six points nous inflige techniquement deux défaites 3-0, soit six buts que nous n'avons pas réellement encaissés sur le terrain. Plus globalement, le football a évolué : ce ne sont plus forcément les meilleures défenses qui gagnent les championnats, mais les meilleures attaques. J'ai les joueurs pour pratiquer un football offensif et il nous arrive d'aligner cinq ou six profils portés vers l'avant. Ce déséquilibre est totalement assumé, à domicile comme à l'extérieur. Le football est un spectacle et ma priorité est que les spectateurs ne s'ennuient pas. Je n'ai jamais demandé à mes joueurs de viser le match nul ; nous jouons pour marquer et faire mal à l'adversaire. C’est un travail quotidien qui porte ses fruits au vu de nos statistiques.


Dans votre animation offensive, privilégiez-vous la possession haute ou l'exploitation de la profondeur ?


Nous sommes capables de faire les deux, ce qui constitue notre grande force cette année. Nous pouvons étouffer l'adversaire par un jeu de possession avec de longues séquences de passes, mais nous avons aussi des joueurs de transition très rapides capables d'attaquer la profondeur en deux passes dès la récupération. Nous savons aspirer les blocs médians pour créer de l'espace dans le dos de la défense adverse.


Quels sont les axes d'amélioration que vous souhaiteriez encore apporter à l'équipe ?


Je dirais d'abord l'équilibre durant nos phases de possession. Ensuite, la rigueur défensive sur les coups de pied arrêtés. Nous avons encaissé trop de buts sur corners ou coups francs par manque de concentration cette saison. Même si nous avons rectifié le tir en seconde partie de championnat, nous devons encore progresser sur ce point.


À deux journées de la fin, allez-vous modifier votre approche pour gérer votre avance ?


Depuis janvier, nous n'avons rien géré car nous étions dans l'obligation de gagner chaque match après être retombés à la sixième place suite à la pénalité. Nous ne changerons pas notre philosophie maintenant. Nous allons jouer avec cette même volonté d'attaquer et de marquer pour gagner. C'est ce qui nous réussit depuis le début et nous garderons ce qui fait notre force.


Pouvez-vous nous parler de cette pénalité de six points et de son impact sur votre groupe ?


Sans cette sanction, nous serions déjà champions. Mentalement, cela a été un coup dur de passer de la première à la sixième place en décembre, à cinq points du leader. Il s'agissait d'une erreur administrative concernant la licence d'un joueur. Il avait été enregistré comme "non muté" en début de saison, avant que son statut ne soit changé en "muté" par la Fédération sans que nous en soyons notifiés sur la tablette de match. C'est une faute administrative, bien que je n'aie même pas utilisé ce joueur lors des premiers matchs et que nous n'ayons donc pas bénéficié d'un muté supplémentaire sur le terrain.


Quel regard portez-vous sur Tarbes et Canet, vos poursuivants directs ?


Ce sont deux équipes aux profils différents. Tarbes s'appuie sur un collectif très soudé et une excellente organisation, surfant sur la dynamique de sa montée. Canet dispose de grosses individualités offensives ayant connu le niveau supérieur, avec des moyens plus importants. Ce sont deux très bonnes équipes de National 3 qui méritent leur place en haut du classement.


À terme, quel est l'objectif de Colomiers ?


Cette saison était une année de transition avec beaucoup de changements dans l'effectif, et l'objectif initial était le top 4. Cependant, l'ambition à terme est de retrouver le National 2, un niveau que le club a connu il y a cinq ans. Au vu des infrastructures et pour le dynamisme du football dans le bassin toulousain, il est important d'avoir un club à ce niveau pour tirer la région vers le haut, aux côtés du TFC.


Y aura-t-il des regrets si la montée vous échappe lors de ces deux derniers matchs ?


Forcément, car sur le terrain, le travail a été fait et, sans cette sanction, nous aurions déjà les points nécessaires. Mais aujourd'hui, notre destin est entre nos mains. C'est à nous de bien faire les choses ; si cela se passe mal, nous ne pourrons nous en prendre qu'à nous-mêmes.


Un dernier mot pour encourager vos joueurs ?


Mon message aux joueurs est de ne rien changer à ce qu'ils font de bien. Ils doivent continuer à prendre du plaisir et à rester soudés. Cette année les a énormément fait grandir, tant sur le plan footballistique qu'humain, à travers toutes les épreuves traversées. Je suis persuadé que s'ils restent eux-mêmes sur ces deux derniers matchs, tout se passera bien.