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Sammy Kinane : « La meilleure défense, c'est l'attaque. Je ne voulais pas changer ma philosophie »

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Amin Abdullahi ·
Sammy Kinane : « La meilleure défense, c'est l'attaque. Je ne voulais pas changer ma philosophie »
© UAV Fenouillet

Depuis leur ascension en Régional 2 et leur brillant début de saison, le club de Fenouillet traverse une période de turbulences. Entre les nombreuses blessures et l'exigence d'un nouveau niveau, les hommes de Sammy Kinane doivent s'adapter sans pour autant renier leur identité offensive. Le coach répond à nos questions.

Pourriez-vous tout d'abord vous présenter et nous parler de votre parcours ?


Je m'appelle Samy Kinane. Je suis l'entraîneur de Fenouillet depuis deux ans. Avant cela, j'ai entraîné pendant dix saisons à Castres, principalement des catégories de jeunes. Suite à un déménagement dans la région toulousaine, j'ai souhaité me concentrer sur mes dernières années de joueur, notamment à Grisolles en Régional 2. Avant de basculer l'année dernière sur le coaching d'une catégorie senior pour me lancer.


Lors de votre dernière interview, vous étiez en tête de poule et invaincus. Les choses ont changé depuis. Comment analysez-vous votre saison jusqu'ici ?


En fait, ce qui s'est passé, c'est que nous n'avons pas été épargnés par une hécatombe de blessures. Quand on est promu et qu'on ne dispose pas de son équipe type ou de ses meilleurs éléments, cela se voit immédiatement. Je pense que si nous avions gardé le même groupe de joueurs disponibles, nous aurions 5 ou 6 points de plus. Malheureusement, nous avons perdu des joueurs dans toutes les lignes, du gardien jusqu'à l'attaquant. Cela nous a plongés dans un engrenage où le mental a pris un coup : chaque but encaissé en appelait d'autres.


Malgré une période difficile sans victoire depuis plusieurs mois, comment se sent le groupe ?


Là où je suis satisfait, c'est que les joueurs n'ont jamais lâché. L'ambiance reste bonne et le taux de présence à l'entraînement est élevé. Cela fait partie de l'apprentissage du niveau Régional 2.


Avez-vous décidé d'effectuer des changements tactiques pour vous adapter ?


Nous avons déjà effectué des changements de système après la montée, car celui qui nous avait permis de monter en R3 n'était peut-être plus adapté à la R2. Paradoxalement, j'ai décidé de développer le projet de jeu encore plus vite que prévu afin de moins dépendre des individualités. On s'est rendu compte que sans certains joueurs, nous étions beaucoup moins efficaces. Je veux que le danger vienne de plusieurs endroits et que le collectif soit grandi pour que nous ne soyons plus tributaires d'une ou deux absences liées aux blessures.


Quelles sont les principales différences que vous observez entre la R3 et la R2 ?


Je connais bien cette poule pour y avoir joué il y a deux ans. En R2, l'intensité est plus élevée et la qualité intrinsèque des joueurs est meilleure. Surtout, les équipes ne font quasiment pas d'erreurs. Chaque inattention est sanctionnée cash. Par exemple, contre Saint-Jory, nous encaissons un but parce que nous étions en train de râler sur une faute sévère alors que l'adversaire jouait. C'est une question de mental, de concentration et de gestion des émotions.


Lors du match contre Saint-Jory, on a vu une équipe pragmatique avec un bloc compact et un jeu direct sur l'attaquant en appui. Est-ce votre idée de jeu générale ou est-ce une adaptation ?


Saint-Jory fait partie des grosses cylindrées de la poule. Face au premier tiers du championnat, nous n'avons pas encore la capacité de mettre pleinement en place notre jeu. Nous restons humbles : quand on est promu et qu'on joue sur synthétique, ce n'est pas forcément un avantage face à de telles équipes. Il faut donc être pragmatique et jouer les coups à fond. C'est contre les équipes de "notre" championnat que nous pouvons produire ce qui ressemble le plus à nos idées.


Votre attaque reste néanmoins efficace. Quelle est votre force offensive ?


Je ne sais pas si on peut dire "efficace", mais nous sommes une équipe qui aime attaquer. J'utilise beaucoup de thèmes offensifs lors des séances car je pars du principe que la meilleure défense, c'est l'attaque. Je ne voulais pas changer toute la philosophie mise en place depuis l'année dernière simplement parce que nous changeons de division ; j'aurais perdu mes joueurs et je me serais perdu moi-même. 


Qu’est-ce qu’il faudra faire pour gagner ce week-end face à Lavaur ?


C'est une équipe que je connais très bien. Il faudra s'y présenter avec le même état d'esprit que face à Saint-Jory : être solidaires. Nous devons accepter nos temps faibles pour qu'ils durent le moins longtemps possible. Nous savons que nous aurons des occasions, car nous en avons à tous les matchs. Il faut y croire et mettre les mêmes ingrédients que lors de notre dernière sortie pour ramener quelque chose de là-bas.