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Sébastien Perédès : "Je ne vois que des jours meilleurs à venir"

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Amin Abdullahi ·
Sébastien Perédès :
© Aigues-Mortes
Arrivé cet été à la tête de l’équipe de Régional 1 d’Aigues-Mortes, Sébastien Perédès incarne cette nouvelle génération d’entraîneurs ambitieux. Entre des exigences de haut niveau régional et un nouveau projet de jeu, le technicien revient sur son début de saison, sa méthode de travail et les objectifs fixés avec son groupe.
Est-ce que vous pourriez d'abord vous présenter ?


Je m'appelle Perédès Sébastien, j'ai 34 ans, je suis papa de deux enfants. J'ai joué au football jusqu'à mes 31 ans. D’abord au Nîmes Olympique jusqu'à mes 20 ans. Ensuite je suis passé par Narbonne, Alès, Beaucaire, Palavas et j'ai fini au Grau-du-Roi. Grâce à ce parcours de “footballeur amateur”, comme j'avais plus de cent matchs au niveau national, j'ai pu passer mon diplôme d'entraîneur il y a trois ans. J'avais la première année, en passant mon diplôme, la réserve de Beaucaire en Régional 3. L'année dernière, la R1 du Grau-du-Roi en binôme avec Morgane Marion. Cette année du coup j'ai repris la R1 de Aigues-Mortes après le départ de Yohan Borg à Lunel.


Quels sont les avantages et les inconvénients d’être un jeune coach ? 


Je pense qu'on voit aujourd'hui, une génération d'entraîneurs très jeune dans notre région. En tout cas, que ce soit Morgane Marion au Grau-du-Roi, que ce soit Mickaël Gas en N2 à Nîmes, que ce soit Boveto qui était en R1 avec la réserve de Nîmes, on arrive avec une génération d'entraîneurs qui est quand même très jeune. Que ce soit même Sofyan Carletta à Beaucaire ou Yohan Borg à Lunel, ce sont des entraîneurs qui ne sont pas très âgés non plus. Mais en tout cas, je pense que les gros avantages d'être jeune, c'est qu'on est très proches des méthodes d'entraînement qui se font de nos jours. Je pense qu'on est aussi, en termes de recrutement, assez en phase avec les joueurs que l'on peut connaître sur le mercato. On n'est pas décrochés à ce niveau-là, on connaît un petit peu tous les profils. C'est aussi un avantage parce qu’on a beaucoup d'énergie et on peut facilement, même dans une séance, se rapprocher de nos joueurs, essayer de démontrer aussi ce qui est possible de faire puisqu'on est proche d'eux-mêmes en termes d'état d'esprit, de mentalité. En étant jeune, on ne se détache pas trop de notre effectif. Après pour moi, il y a aussi quand même pas mal d'inconvénients. Pour en avoir discuté avec beaucoup d'entraîneurs, tout le monde te dit qu'il te faut au moins cinq ou sept années d’expérience pour commencer à être un vrai entraîneur de football. Parmi les inconvénients, on va manquer d'automatisme sur des décisions qu'il faut peut-être prendre un peu plus à froid. C'est sûr qu'il nous manque de l'expérience dans certains domaines comme adopter un comportement différent entre chaque joueurs et apprendre à savoir gérer un homme avant le gérer en tant que joueur. Peut-être qu'un coach qui a un peu plus de bouteilles le fait plus facilement, ça c'est une certitude. Donc on commet des erreurs, mais j'ai envie de dire que c'est comme ça qu'on avance. On apprend beaucoup en étant jeune entraîneur.


Est-ce que, dans le jeu, votre jeunesse vous permet d'avoir un regard novateur ?


 En fait, en arrivant à Aigues-Mortes, le problème du projet de jeu s'est posé puisqu'ils avaient un entraîneur qui était en place depuis 20 ans quasiment. 70 % de l'effectif est resté, donc c'est sûr qu'ils étaient très attachés au projet de jeu qu'avait l'entraîneur précédent. J’ai essayé d’apporter mes idées qui sont un petit peu différentes. C’est sûr qu'on va amener peut-être des idées novatrices en termes de méthode, peut-être un peu plus de vidéos, d'individualisation du travail, peut-être des méthodes qui sont un peu plus récentes et qui ne se faisaient pas il y a certaines années. Je suis passé après Yoann, donc c'est un entraîneur, qui a prouvé au niveau régional qu'il faisait partie des meilleurs entraîneurs. C'est sûr que c'est encore plus compliqué de lui succéder. Mais le fait d'être jeune entraîneur, ça crée quand même du lien avec les joueurs. Ça nous permet d'être proches les uns des autres. Moi, je suis ouvert à la critique. On travaille beaucoup en démocratie. Quand il y a quelque chose qui ne va pas, je suis à l'écoute des joueurs. Ça prendra le temps qu'il faudra pour s'implanter. Mais je pense que fonctionner en démocratie, c'est peut-être ce que j'ai apporté. En tout cas, les idées novatrices, c'est ça. C'est l'échange, la démocratie, le partage, l'entraide, la tolérance. C'est tout ça qu'on essaie de mettre en place à ce jour, qui a eu un peu de mal au départ à s'emboîter. Mais qui maintenant est en train de prendre forme.


Qu'est-ce qui vous a motivé à rejoindre ce projet ?


Pendant le mercato, je devais normalement signer à Mauguio. Moi, j'avais arrêté le Grau-du-Roi parce qu'avec deux enfants, un travail, je venais à peine de finir ma maison. C'était quand même très difficile de joindre les deux bouts. Je devais rejoindre Mauguio, en R3, Il y avait quand même moins de contraintes, moins de charges, moins d'entraînement. C'était un peu plus facile. Mais après, quand Yoan est parti, le directeur sportif d'Aigues-Mortes m'a téléphoné. Ça ne fait que deux ans que vous entraînez, on vous propose Aigues-Mortes, un club qui descend de National 3. C'est quand même très difficile de refuser. J’ai donc sauté dans le train. Aujourd'hui, je ne regrette en rien, c'est sûr. Mais ce qui m'a poussé à le faire, c'était d’essayer de prendre mon envol. Surtout dans un club comme Aigues-Mortes, qui je pense, colle à ma personnalité. Je pense que ce n'était pas possible de le refuser.


C'est quoi votre ressenti sur ce début de saison ?


On va dire que la transition est quand même très compliquée à mettre en place. On a eu des premiers mois un petit peu difficile, avec le changement d'entraîneur et une descente à gérer pour les joueurs. Il y a aussi les infrastructures qui nous ont beaucoup handicapés sur ces six premiers mois. On n'avait pas de terrain puisqu'ils mettaient en place un synthétique, donc on ne s'entraînait jamais à Aigues-Mortes. Il y a tous ces paramètres qui ont fait que les deux ou trois premiers mois ont été assez compliqués. Mais paradoxalement, on n'a perdu que deux matchs. C'était contre Lunel sur pénalty et contre La Paillade, alors qu'il y avait 1-1 à la 85ᵉ et on prend deux pénaltys aussi. On va dire que, paradoxalement, on ne perdait pas beaucoup non plus. Ce match contre Lunel, c'est notre dernière défaite. On va dire que novembre, décembre, il y a eu quatre ou cinq victoires consécutives et deux matchs nuls. Donc tout a commencé à se mettre un petit peu en place. Le fait de se rapprocher de plus en plus, de s'entraîner sur le synthétique. Je pense que mentalement les joueurs ont mis un dernier coup de collier avant la trêve. On sait qu'à la reprise, on reprend sur le synthétique. Je pense que sur la deuxième partie de saison, en tout cas, il n’y a que des bonnes choses qui nous attendent. Je ne pense pas qu'on puisse revenir en arrière en ayant un synthétique, en s'entraînant tout le temps chez nous. Moi, je ne vois en tout cas que des jours meilleurs à venir par rapport à ce qu'on a connu. Aujourd'hui, c'est quand même un effectif qui est à la limite d'être fabuleux. Ce sont des mecs qui viennent tout le temps à l'entraînement. On a un taux de présence très élevé, alors qu'il fallait se déplacer sur des terrains un peu compliqués, très loin d'Aigues-Mortes. C'est vraiment un groupe qui est très réceptif, qui vit très bien. Je pense que la deuxième partie de saison, il y aura du positif à ce niveau là. 


Par rapport aux autres équipes de la poule, vous avez une attaque qui n'est pas tellement efficace, mais vous avez une des meilleures défenses. Est-ce que c'est l'essentiel d'avoir déjà une bonne défense aussi solide ? Faudrait-il essayer de vous montrer plus offensif pour marquer plus de buts ?


 Après, ça dépend vraiment de la mentalité de l'entraîneur, je pense. Moi, j'étais défenseur, donc c'est sûr que la défense, pour moi, c'est quand même quelque chose de très important. Aujourd'hui, je crois qu'on a concédé douze buts sur les 10 premiers matchs, mais on a surtout pris 5 pénaltys sur les 7 ou 8 premiers matchs. C'est surtout sur ce point-là où on a dû progresser. C'est sûr que ça, c'est une stat qu'il a fallu gommer, mais on ne prend pas beaucoup de buts dans le jeu. C'est déjà une bonne chose parce que ça rejoint un petit peu l'idée du collectif que je disais. Tous les joueurs travaillent et font beaucoup d'efforts pour ne pas concéder de buts. Après, c'est vrai qu'il y a peut-être des tournants dans la saison qu'on n'a pas très bien maîtrisés. On loupe un pénalty à cinq minutes de la fin lors de la première journée. On se fait égaliser contre Nîmes sur pénalty aussi dans les arrêts de jeu. On va dire qu'offensivement, on avait un problème en début de saison sur les trois premiers mois, c'est qu'on ne se créait pas beaucoup d'occasions, mais on était très efficaces. Maintenant, sur novembre-décembre, le problème s'est un peu inversé. On se créait beaucoup d'occasions, mais on marquait un peu moins. On va travailler sur la deuxième partie de saison pour essayer d'être bon défensivement et d'être meilleur offensivement. C'est dommage que la trêve soit arrivée là, j'ai envie de dire. S'il n'y avait pas eu la trêve, je pense qu'on aurait pu continuer à surfer sur cette vague. J'espère que ça a fait du bien à tout le monde. On a un enchaînement de matchs où on va à Saint-Clément, on va au Grau-du-Roi et on reçoit Vauvert. Trois matchs qui sont très importants pour voir où on va se situer au premier virage des matchs aller. Est-ce qu'on a trouvé la formule ? Je l'espère. Mais en tout cas, on voit qu'on est capables de gagner des matchs, surtout à domicile. À l'extérieur, on n'en a toujours pas gagné, donc c'est vrai que ça serait bien qu'il y ait un déclic avec une victoire, pourquoi pas dès la reprise à Saint-Clément. Mais en tout cas, on va surfer sur cette vague, sur ce qu'on faisait de bien sur les cinq derniers matchs. Ça c'est une certitude, il n'y aura pas de chamboulement à la reprise, il n'y a pas eu de départ, il n'y a pas d'arrivée. On va essayer de rester un petit peu sur ce qui faisait notre force sur les derniers mois. Comme je vous dis, avec les conditions d'entraînement qui vont évoluer, je pense et j'ai espoir en tout cas, pour que ça continue sur la deuxième partie de saison. 


C'est quoi l'objectif globalement pour l'équipe cette saison ? 


En début de saison, c'était la première partie de tableau et ça n'a pas changé aujourd'hui. Dans tous les cas, la première partie de tableau, pour moi en tant qu’entraîneur ambitieux, c'est de finir parmi les cinq premiers. Ça, c'est l'objectif du club en début de saison. Si ce n'est pas le cas, on aura failli à ce niveau-là. Ça serait bien aussi de faire un parcours, vu qu'on est encore engagé en Coupe d’Occitanie et Coupe Gard-Lozère. Je pense que La Paillade et Le Grau-du-Roi sont quasiment inaccessibles. Lunel a emboîté le pas et les a battus en plus juste avant la reprise. Donc je pense que ce trio sera peut-être difficile à aller chercher, de par leur effectif et de par les moyens qu'ils mettent pour pouvoir monter. Mais je pense que derrière eux, la quatrième ou cinquième place, il y a des équipes comme Rousson, Vauvert, nous, pour finir dans cette partie de tableau.