Makram Chenoufi : "Nous voulons rester un club amateur où l'on joue pour le maillot"
Acteur majeur du projet de Perpignan Nord depuis plusieurs saisons, Makram Chenoufi est aujourd’hui l’un des piliers de la structuration sportivedu club. Il revient sur la dynamique actuelle de l’équipe première, la continuité du travail engagé ces dernières années et les ambitions d’un club en pleine progression.
Je m'appelle Makram Chenoufi, j'ai 50 ans et je suis employé à la ville de Perpignan en tant que directeur jeunesse et citoyenneté. Je travaille auprès des jeunes, des espaces citoyens et des centres sociaux dans les quartiers prioritaires de la ville. Parallèlement, je suis investi depuis plus de 25 ans dans le milieu associatif, particulièrement dans les associations sportives en lien avec ma formation d'éducateur de football.
Pour l'anecdote, j'étais à l'initiative de la création de ce club, qui s'appelait à l'époque Cité Sport, avec André Bourdeille. J'ai fait une grande partie de ma carrière d'entraîneur à l'Olympique Club Perpignan. Le président qui avait repris le Sporting Perpignan Nord m'a sollicité alors que l'équipe était en Départementale 1. J'avais besoin d'une pause, mais je voulais donner un coup de main. Au départ, je ne devais rester qu'un an ou deux, mais l'appétit vient en mangeant et cela fait maintenant 6 ans que je suis au club.
Cette saison est le fruit du travail mis en place l'année dernière, alors que notre début de saison avait été quasi catastrophique. C'est aussi lié au renouveau de l'équipe première. Avec mon binôme, Cédric Atsegou, nous avons commencé en D1 avec une très belle génération. Nous avons été champions et finaliste de la Coupe du Roussillon au moment de la refonte des divisions, ce qui nous a permis de nous retrouver directement en R2. Après trois ans, cette génération a laissé place aux jeunes. Ce renouveau a mis du temps à porter ses fruits, il a fallu que la "mayonnaise prenne" avec les recrues extérieures l'an passé. Nous avons fini la saison dernière avec neuf victoires d'affilée et nous sommes dans la continuité cette année avec un groupe conservé à 80% et des recrues ciblées. À part un faux pas lors du premier match, nous sommes invaincus, mais le championnat est long et nous prenons les matchs les uns après les autres.
C'est un travail qu’on a commencé l'an dernier. Nous avons une équipe avec des qualités de vitesse et de projection rapide vers l'avant dès la récupération du ballon. Nous jouons avec un bloc assez haut. La qualité de nos joueurs nous permet d'utiliser cette vitesse pour mettre l'adversaire en défaut. En tant qu'entraîneurs, nous nous adaptons aux forces et aux faiblesses de notre groupe pour les faire progresser.
C'est tout à fait ça. Avec Cédric, nous pensons que peu importe le schéma tactique (4-3-3, 3-5-2, etc.), c'est l'animation des joueurs sur le terrain qui compte. Il est primordial que le bloc travaille ensemble, en phase défensive comme offensive. Nous nous appuyons sur des bases solides pour pouvoir enchaîner très rapidement vers la surface adverse lors de nos temps forts.
Aujourd'hui, un club comme le nôtre a vocation à grandir. Le journal L'Indépendant nous a désignés comme le premier club en nombre de licenciés. Le club s'est enrichi avec des éducateurs de qualité et un directeur sportif pour travailler sur la pré-formation et la formation des jeunes. Nous voulons rester un club amateur où l'on joue "pour le maillot". Ce serait mentir de dire que nous ne jouons pas la montée, mais nous la jouons dans le cadre d'un projet global entamé il y a trois ans.
Tout à fait. Nous ne voulons pas faire les erreurs classiques du football amateur : faire monter l'équipe fanion sans que le reste ne suive. L'important est de progresser à tous les niveaux, chez les jeunes comme en seniors, pour permettre aux jeunes qui sont l'avenir du club d'intégrer l'équipe première. C'est un projet global