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Saint Suplice : Opération maintien

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Amin Abdullahi ·
Saint Suplice : Opération maintien
© ST SUPLICE

Ancien entraîneur de Saint-Sulpice, Stéphane Benedet reprend ses fonctions pour aider le club à assurer son maintien. Fort de diverses expériences et issu d'une famille de passionnés du ballon rond, il enfile sa cape de héros pour permettre à son équipe de rêver d'une saison supplémentaire en Régional 2.

Pourriez-vous tout simplement vous présenter ?


Stéphane Benedet, je suis dans le milieu du football depuis toujours. Ma famille est très ancrée dans ce sport : mon oncle a été joueur et entraîneur professionnel, notamment à Sochaux, Bordeaux et Angers. Mon cousin travaille également dans le monde professionnel, il est passé par l’Olympique de Marseille et officie actuellement à l’Olympiakos en Grèce. J'ai moi-même travaillé à la Ligue ; on peut dire que le football a bercé notre vie.

Originaire d'Albi, j'ai joué dans les différents clubs du coin avant de devenir éducateur à l'US Albi dès l'âge de 17 ans. J'ai entraîné presque toutes les catégories avant de passer en seniors à 23 ans et d'obtenir mon Brevet d'État en 2010. Ensuite, j'ai dirigé plusieurs clubs comme Marsac, Onet-le-Château, et déjà Saint-Sulpice il y a 4 ou 5 ans, juste après le Covid. J’ai repris depuis un mois ici.


Qu’est-ce qui vous a motivé à reprendre ce projet de maintien, qui semble pourtant complexe ? 


J'avais fait une saison en R2 avec eux où nous nous étions maintenus dans une poule méditerranéenne très difficile. Je suis toujours resté en contact avec le club car ils appréciaient mon travail de l'époque. Le groupe actuel compte d'ailleurs encore trois ou quatre cadres que j'avais entraînés lors de mon premier passage au club. Pendant trois ans, mes obligations professionnelles m'empêchaient d'entraîner le soir. Mais récemment, j'ai changé de travail pour un secteur géographique plus restreint qui me permet d'assumer les séances. Quand ils m'ont appelé à la dernière minute le dimanche en me disant : « On n'a plus de coach. Est-ce que ça te botte ? », j'ai dit oui immédiatement car je me sentais redevable. Je jouais un peu à Saint-Alban et j'aidais la R3, mais je n'étais pas engagé avec une équipe, ce qui m'a permis de venir leur donner un coup de main pour tenter d'accrocher le maintien.


Dans quel état avez-vous trouvé l’équipe à votre arrivée ? La transition a-t-elle été difficile ?


Pour être honnête, cela a été plutôt facile. Un nouvel entraîneur relance tout le monde : les joueurs mis de côté, ceux des groupes 2 ou 3, et même ceux qui ne venaient plus. On s'est vite retrouvés à plus de 20 aux entraînements. Je tiens d'ailleurs à saluer le travail du coach précédent, car je sais par expérience qu'il est difficile de garder une dynamique quand les résultats ne suivent pas. De mon côté, j'ai pu ramener du plaisir grâce à une méthode basée sur le jeu et une approche joyeuse et souriante. Cela ne garantit pas les résultats, mais au moins, on travaille désormais dans de bonnes conditions et en nombre.


Offensivement, l’équipe marque beaucoup, mais elle semble en difficulté globalement. Quel est le problème majeur : la défense ou l’animation générale ?


C’est un tout. En ce moment, nous encaissons des buts sans en marquer beaucoup depuis que j'ai repris, il faut donc trouver un équilibre. Tactiquement, nous avons du retard sur ce que je demande. Nous avons un groupe jeune qui manque d'expérience pour ce type d'opération "commando". Nous étions derniers, nous sommes passés avant-derniers, mais un "mini-championnat" se joue désormais. Il faut impérativement en laisser deux derrière nous. La difficulté est de créer une cohésion en si peu de temps, sans matchs amicaux ni préparation préalable.


Justement, tactiquement, que comptez-vous mettre en place pour obtenir des résultats ?


Il faut être patient. Contre Lavaur, qui était premier, nous avons bien tenu en bloc bas. En première mi-temps, j'ai dû corriger le positionnement pour resserrer les lignes et nous avons réussi à les faire douter jusqu'à la 50ème minute (0-0). Malheureusement, deux erreurs en une minute ont entraîné deux pénalties et à ce niveau, ça se paye cash. On ne peut pas se mettre en position de force vu notre classement. Il faut parfois savoir mettre notre football de côté, savoir défendre solidement et être d'une efficacité redoutable sur nos sorties de balles ou nos phases placées.


À quel point le facteur mental est déterminant pour cette fin de saison ?


Je dirais à 95 %. C'est une question d'envie et de duels gagnés. Avec notre groupe jeune, cela prend du temps, mais j'axe chaque préparation sur le match à venir. Par exemple, cette semaine est entièrement dédiée au match contre Rodez samedi. On utilise un peu de vidéo et on ajoute ce plan mental à notre projet tactique.


À l'aube des six derniers matchs, quel est votre message principal pour encourager vos joueurs ?


Qu'ils soient fiers de ce qu'ils donnent. Ce que je refuse, c'est que nous ayons des regrets en fin de saison. On a des regrets quand on ne donne pas tout. Si l'adversaire est meilleur alors qu'on a tout donné, je l'accepte. Mais pour l'instant, on peut faire mieux, comme nous l'avons montré contre Figeac ou Garonne-Gascogne. Mentalement, nos premières mi-temps sont insuffisantes. J'espère qu'ils auront le déclic ce week-end pour être efficaces dans les deux surfaces dès l'entame.


Quel que soit le résultat final, serez-vous toujours à Saint-Sulpice la saison prochaine ?


C’est à étudier plus tard. Ce n’est pas forcément lié au maintien, mais plutôt à ce que le groupe renvoie. Pour l'instant, mon défi est de trois mois, jusqu'au dernier match le 31 mai. On discutera ensuite pour voir si le groupe adhère à ma méthode et veut progresser. Parfois, il faut savoir descendre pour mieux remonter, ce n'est pas une fin en soi. Mais mon message de conclusion pour les joueurs est clair : le club est une institution qui sera toujours au-dessus d'eux. Ils sont arrivés en R2 et leur but doit être de laisser le club en R2.